Portrait : Piona Dariavach, 

Professeur d'Immunologie et chanteuse Assyrienne venue d'Iran

Le 5 décembre 2019, à Montpellier

 

Shlama Piona, pouvez-vous vous présenter en quelques mots, et nous parler de votre parcours personnel et professionnel ?

 

Je suis née dans une famille Assyrienne à Téhéran en Iran.

J’ai effectué ma scolarité à l’école Française Jeanne d’Arc de Téhéran d’où j’ai obtenu mon baccalauréat en 1980.

Je suis venue en France pour mes études universitaires et j’ai obtenu mon Doctorat en Biologie Moléculaire et Cellulaire à l’Université de Montpellier. J’ai par la suite travaillé au « Medical Research Council » de Cambridge, Grande Bretagne.

J’ai été nommée Maître de Conférences en Immunologie à l’Université de Montpellier en 1991. J’ai réalisé mon activité de recherche pendant de nombreuses années sur l’allergie et l’inflammation et j’ai découvert et breveté de nombreux médicaments antiallergiques.

Actuellement, j’effectue ma recherche sur le Cancer Colorectal à l’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier, tout en continuant mes enseignements à l’Université de Montpellier.

 

Vous êtes sur le point de sortir un album, Babylon, en huit langues étrangères dont trois chansons en assyrien. D'où vous est venue l'idée de faire cet album ?

 

J’aimais beaucoup chanter depuis mon enfance et j’ai décidé de prendre des cours de chant il y a une dizaine d’année. Ainsi j’ai développé un répertoire de chants dans toutes les langues qui étaient parlées autour de moi pendant mon enfance en Iran : l’assyrien bien sûr, le russe, le persan, l’arménien, le turc, l’arabe, l’anglais etc…

J’avais le souhait d’enregistrer un album depuis quelques années, et j’ai pu finalement réaliser ce souhait grâce à ma rencontre avec le guitariste et compositeur Corse Jean Bernard Rongiconi qui est également l’arrangeur de toutes les chansons. Nous avons enregistré cet album dans le studio de Jean Bernard en Corse et j’ai eu le privilège d’avoir Loïc Pontieux, l’un des plus grands batteurs de France à la batterie et aux percussions.

L’album est en vente sur mon site internet : http://www.pionadariavach.com.

Je souhaite verser une partie des bénéfices des ventes de l’album à la recherche sur le cancer.

 

Pourquoi avoir choisi d'interpréter les chansons “Sitwa” d’Evin Agassi et “Kma Qayra pokha” d’Ashur Bet Sargis ?

 

Evin Agassi est mon cousin et j’ai entendu et aimé sa voix depuis mon enfance. Sa chanson Sitwa est un hymne à l’espoir car elle fait appel à la jeunesse à se relever et à rebâtir les villages désertés.

Quant à Kma qaira pokha, c’est juste une belle chanson d’amour d’Ashur Bet Sargis.

 

Vous avez vous-même écrit la chanson “Assyrian Queen”, pouvez-vous nous dire ce qu'elle signifie pour vous ?

 

L’idée de ce poème vient d’un papillon qui s’appelle « Royal Assyrian » et qui est très bien connu pour ses belles couleurs des ailes. Je me suis documenté sur ce papillon et cela m’a inspiré ce poème sur ce papillon que j’ai appelé « Assyrian Queen » mais qui se transforme au fur et à mesure du poème à une reine Assyrienne en exil et qui est invitée à rentrer dans son pays.

 

Quelle vision portez-vous sur la communauté assyrienne de France que vous avez vu évoluer depuis 30 ans déjà ?

 

Lorsque j’étais étudiante au début des années 1980, j’ai pu rencontrer les Assyriens de Toulouse, de Marseille et de Paris très brièvement lors de quelques fêtes. Mais par la suite, je n’ai plus eu de contact avec les Assyriens de France, car très occupée par mes voyages et mon activité de recherche. Aussi je ne peux me permettre de donner un avis sur l’évolution des Assyriens de France. Mais je peux toutefois les féliciter pour les efforts faits pour la communauté.

 

Comment percevez-vous l’avenir de la langue assyrienne dans la diaspora ?

 

J’ai peur que cette langue ne disparaisse très rapidement si aucun effort n’est fait pour l’apprentissage et la pratique de notre langue. Lorsque nous vivions dans les pays d’Orient, notre communauté s’efforçait à parler notre langue et la transmettre aux enfants afin qu’elle ne se perde pas. Je pense que ce même effort devra se faire dans les familles Assyriennes vivant en Occident.

 

Qu'aimeriez-vous dire aux jeunes assyriens de France aujourd’hui ?

 

Qu’ils profitent pleinement de tous les avantages que la société Française leur offre pour étudier et se cultiver. Mais qu’ils n’oublient pas leurs origines et qu’ils transmettent leur histoire et leur héritage culturel aux générations à venir.

 

Merci Chère Piona pour ces réponses sincères, nous vous souhaitons du succès dans vos projets.

Tous droits réservés © 2020, Fédération Assyrienne de France

Toulouse, France

  • Noir Facebook Icône
  • Noir Twitter Icon