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  • Fédération Assyrienne de France

Témoignage du 10 Septembre 2019

Mis à jour : mai 9

Lyon, France


''Je m’appelle Mariam et je suis née dans la partie Irakienne de l’Assyrie, plus spécifiquement dans la ville de Mossoul. Après les événements de 2003 et l’émergence du terrorisme en Irak, Mossoul était devenue l’une des villes les plus dangereuses du pays. Cela nous a poussés, ma famille et moi, à déménager à Bakhdeda.


La vie en Irak n’était pas facile mais nous y étions habitués. Le terrorisme et la violence régnaient autour de nous mais nous arrivions à survivre et à nous adapter. Du moins jusqu’à la fatidique année 2014, année durant laquelle nos vies ont été bouleversées par Daesh. A cette époque je vivais avec ma tante à Ankawa, une ville assyrienne au nord de l’Irak. Je devais y passer mon année de terminale afin d’entamer des études supérieures l’année suivante. En parallèle, j’étais témoin des actions de Daesh au travers de ma famille qui vivait toujours à Bakhdeda.

La violence continuait de régner à Mossoul, jusqu’au jour où la ville est tombée.


À Bakhdeda on assistait, impuissants, au repli de la police et de l’armée après leur défaite. À ce moment là, nous étions totalement livrés à nous-mêmes. Il n’y avait plus personne pour assurer notre protection. Un couvre-feu avait été imposé dans la région, empêchant les habitants de fuir. Mossoul se trouvait à 30 kilomètres de Bakhdeda et Daesh se rapprochait dangereusement. Ils n’étaient plus qu’à 3 kilomètres.


Quand ils ont levé le couvre-feu, la majorité des habitants ont essayé de se rendre dans des régions plus sûres. C’est ainsi que je suis allée me réfugier avec ma famille à Nala, une vallée de villages assyriens où nous sommes restés pendant trois mois et demi.

Le 6 août, Daesh a ravagé les petites villes et villages de Ninive et y ont semé le chaos. Nous attendions toujours la libération de nos villes pour pouvoir y retourner, mais les nouvelles atroces ne cessaient de retentir et le gouvernement restait immobile face à Daesh.


Heureusement pour nous, la France a ouvert ses portes aux réfugiés de ces régions et c’est ainsi que nous sommes arrivés ici. Au début, la vie était très difficile. On ne parlait pas le français et on ne connaissait rien au pays. J’ai mis deux ans pour m’accoutumer et pour me sentir véritablement à l’aise.

Aujourd’hui, tout va pour le mieux. J’entame actuellement ma dernière année de Master et espère réellement pouvoir construire ma vie ici, en France.''

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