Rechercher
  • Fédération Assyrienne de France

Témoignage du 17 janvier 2020

Mis à jour : mai 9


'' Je m’appelle Anne et je viens d’Irak. Je suis née à Ninive et j’y ai vécu durant quinze années. J’habite aujourd’hui en France depuis cinq ans.

Lorsque j’étais petite, nous avions déménagé à Bakhdeda avec ma famille pour des raisons de sécurité. Bakhdeda est une ville assyrienne où j’avais de la famille et où j’ai effectué ma scolarité entourée de mes amis. Notre vie n’était pas parfaite mais nous vivions avec simplicité.


Mais l’année de mes 15 ans, tout a changé pour moi, pour nous.

Je m'apprêtais à passer les épreuves du Brevet lorsque la situation a commencé à se déstabiliser dans la ville de Mossoul, à trente kilomètres de chez moi.


Lorsque celle-ci est tombée entre les mains de Daech, tout le monde avait peur pour sa vie. Les nouvelles des atrocités commises par Daech se sont peu à peu propagées. Un jour, des amis qui habitaient à trois kilomètres ont dû quitter leur ville pour venir se réfugier chez nous, et ce n’est quelques jours après que nous avons tous décidé de partir. Nous avons donc quitté notre maison en ne prenant que quelques vêtements, puisque nous avions toujours l’intention de revenir. Nous sommes allés nous réfugier dans un village au nord du pays.


Daech n’était pas entré à Bakhdeda et la situation semblait se stabiliser avec l’arrivée de l’armée kurde. Comme la date de mes examens approchait, ma mère m’a accompagné à Bakhdeda afin que je puisse les passer mais les épreuves ont été rapportés à cause de la situation. Il y avait des rumeurs qui disaient que l’État Islamique avançait petit à petit vers notre village. Alors, un soir, nous avons décidé de partir en vitesse ne sachant même pas si nous avions fermé la porte de la maison à clef. Nous étions très anxieux, craignant pour notre vie. Nous avons alors sautés dans une voiture et sommes partis rejoindre ma famille au nord. Si seulement j’avais su que c’était la dernière fois que je voyais ma maison et ma ville !


En effet, nous avons perdu tout espoir lorsque nous avons appris que l’armée kurde s’était retirée et que Daech avait ravagé Bakhdeda le lendemain de notre départ.

J’avais cependant toujours l’espoir de pouvoir un jour rentrer chez moi. Je n’imaginais pas que la situation allait s’éterniser.


Mais les nouvelles étaient loin d’être bonnes. Et c’est à ce moment-là que nos parents ont tenté de nous faire quitter l’Irak pour venir vivre en France. A l’époque, la France avait décidé de recevoir quelques familles et la mienne a fait parti des heureux élus. Pour mes parents, partir c’était assurer notre sécurité et notre avenir.


Deux mois plus tard, nous avons atterri en France. Je fut scolarisée dans une classe destinée aux étrangers pour apprendre le français et j’ai repassé mon Brevet en France en 2016, ce qui m’a permise d’améliorer mon français. En 2018, j’ai passé mon Bac et aujourd’hui, je suis en première année de classe préparatoire ENS CACHAN.

Au début, la vie me semblait très difficile en France, d’autant plus qu’il fallait s’adapter à une nouvelle culture et à un tout nouveau mode de vie mais je dirais que mon adaptation a été assez rapide. J’ai dû me construire une vie rapidement en me faisant des amis, mais aussi en participant activement à la vie de ma commune.


Dans deux ans, j’ai comme projet d'entrer dans une école de commerce et de travailler à l’international. ''

12 vues

Tous droits réservés © 2020, Fédération Assyrienne de France

Toulouse, France

  • Noir Facebook Icône
  • Noir Twitter Icon